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  <title>Faramine - Tag - rimbaud</title>
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  <description>textes ou non textes endormis ou réveillés nés de pratiques ou expériences en ateliers virtuels ou réels</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 22 Feb 2008 14:31:03 +0000</pubDate>
  <copyright>under-globe.org</copyright>
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    <title>Réfugié</title>
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    <pubDate>Mon, 16 Jul 2007 23:48:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Lutine Faramine</dc:creator>
        <category>atelier noir</category>
        <category>daewo</category><category>François Bon</category><category>lorraine</category><category>rimbaud</category>    
    <description>&lt;p&gt;Nous marchons à la marge du sable et de la nuit, dans l’inachevé de la marée descendante. Tu m’indiques l’île de Ré, les feux de la Rochelle ; tu oublies, je connais. Il n’y a que toi, ici, de nouveau, et la surprise de ton désir qui me donne à lire le mien en mode aléatoire. Si je réfrène tes élans à cause des années qui nous séparent- c’est que j’ignore comment sur l’échelle de nos valeurs représenter ce qui nous différencierait. Ton ironique argumentation qui condamne mes préjugés, me laisse l’occasion belle de te dire non. J’ai la certitude que tu me rappelleras, je verrai.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Nous marchons à la marge du sable et de la nuit, dans l’inachevé de la marée descendante. Tu m’indiques l’île de Ré, les feux de la Rochelle ; tu oublies, je connais. Il n’y a que toi, ici, de nouveau, et la surprise de ton désir qui me donne à lire le mien en mode aléatoire. Si je réfrène tes élans à cause des années qui nous séparent- c’est que j’ignore comment sur l’échelle de nos valeurs représenter ce qui nous différencierait. Ton ironique argumentation qui condamne mes préjugés, me laisse l’occasion belle de te dire non. J’ai la certitude que tu me rappelleras, je verrai.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://faramine.under-globe.net/public/faramine.under-globe.net/bordemer/.faramine1_m.jpg&quot; alt=&quot;faramine1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Tu me fais penser aux réfugiés de ma tante à venir ici chercher du travail intérimaire ou une maison qui ne serait pas chère. Tu veux m’emmener voir la mer sauf que c’est moi qui conduis ; tu n’as pas l’air de réaliser que la mer, c’est quand je veux. Dans la baie de l’Aiguillon, il fait un petit frais d’octobre, bien vu de ta part, je me rapproche juste ce qu’il faut de toi, tu fais semblant de me réchauffer. Nous savons bien tous les deux que nous faisons semblant de quelque chose. Semblant de nous réfugier dans les bras l’un de l’autre .Il n’y a pas de guerre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Un peu d’exotisme et de l’affection, c’est sans doute ce qu’elle avait trouvé, ma tante dans cette relation, en dépit de la promiscuité que la guerre imposait. Au château, l’occupant : elle devait s’en tenir soigneusement éloignée de ces jeunes blondinets à qui ma grand-mère en cachette donnait des tartines de crème. En cachette de qui au juste ? Grand malheur, petit soldat, la première antithèse qu’il me fut donné d’interpréter : le gamin de 17 ans venait lui dire au revoir à la mémé avant de partir pour le front russe, la guerre était perdue pour eux. Il le savait.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Toi, tu ne poses pas comme les autres, de questions sur le passé ou le décor de la maison, mon héritage ne t’intrigue pas. Je me demande le soir venu, si tu vas lever le nez de ce livre que je t’ai prêté. Tu le connais le mec qu’a écrit ça, mais oui je t’ai dit, je l’ai rencontré, c’est tout, je le vois fin novembre, si tu veux, tu viens. Je reconnais tous les noms, c’est près de chez moi, tu sais, mais oui, c’est pour ça que j’te l’ai filé. Bon tu vas lire longtemps, je suis là, tu sais.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Au premier petit déjeuner, tu ne demandes rien sur les gélules bicolores ou les petits losanges jaunes que j’absorbe, d’habitude je m’amuse à donner des réponses inquiétantes ou comiques. D’habitude. Avec les autres. Je t’ai reproché de me parler d’habitude …&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Je n’ai pas tout à fait les moyens de faire pour toi un Eldorado de mon lit, je n’ai pas le temps de t’expliquer pourquoi. Tu joues si bien les réfugiés. Affamé, tu prétends qu’ici tu n’es pas le bienvenu, et que la vie t’a malmené. Dis donc tes grands parents, ce sont peut-être des réfugiés qui sont restés ici, et tes parents alors pourquoi ils seraient là-bas, eux. J’aurais dû te poser la question, j’aimais tes mystères, vois-tu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tu as rendez-vous à Metz dès le 2, l’agence d’intérim t’a rappelé, malheureusement - m’écris-tu ; mais je n’aurais pas su vider mes placards pour te faire de la place, sais-tu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Je n’irai pas débarquer en sabots dans ta Lorraine, sauf si tu m’emmènes un jour visiter le pays de Rimbaud. Je n’ai pas de cartes où regarder si c’est loin de chez toi, oui je sais, sur le net. S’il te plait, écris-moi de là-bas. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je sais à quelle heure tu as lu ma réponse à ton message.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Les réfugiés de ma tante, je ne sais pas à qui demander ce qu’ils sont devenus ; dans la famille, on se parle si peu, notre seul lien c’est qu’on lit tout le temps ; pour le reste on se ressemble pas, pas vraiment.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;J’ai l’impression qu’elle m’en parlait avec compassion, on cultive le pathétique depuis toujours comme on se répétait autrefois les dialogues de La terre qui meurt. Oui c’est de la famille de l’autre Bazin. Les réfugiés, un beau souvenir de jeunesse, pour ma tante, alors une jeune maman de 20 ans, parfois je reconstitue les chronos – son mari, en Angleterre, ce devait être des amies, ces jeunes femmes avec qui parler. Se confier. Elles revenaient tous les étés, elles ne se sont pas mariées en Vendée, pourtant ça s’est beaucoup fait.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Avant leur arrivée, aux réfugiés, pendant les vacances d’été, on mettait un sarrau propre. Ils refusaient d’abord quand ma tante les invitait à manger, puis ils nous accompagnaient dans les étables, la traite n’attend pas. C’était un accord tacite, comme quoi ils resteraient. Nous, on ne savait pas trop où on allait manger, on faisait semblant de retourner chez nos parents, mais on finissait aussi par être plus ou moins invités, et on courait prévenir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ils dormaient dans le grenier. C’est quand on y faisait le ménage de printemps qu’elle m’en parlait des réfugiés ; ou bien quand elle me permettait de choisir des livres dans la mée – oui Monsieur Microsoft, je vais frapper le mot pétrin, vous reconnaîtrez ! Des livres, enfin je veux dire les feuilletons de Mode de Paris ou de Ouest-France, qu’elle avait reliés avec du fil à faufiler blanc. Une fois aussi, elle m’a montré la citation du pépé et m’a donné la boîte à coiffes de la mémé, c’est moi qui les conserve ici. J’ai mes devoirs de mémoire, à propos de toutes les guerres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Tu as l’air d’un réfugié avec ton petit sac à dos, même si le portable et le CD que tu glisses dans mon lecteur avant de penser à demander la permission ne sont pas tout à fait d’époque. Je ne me souviens plus très bien des réfugiés. Oui, ma tante ; je pourrais toujours l’interroger, mais je n’ai pas envie de composer avec les dégâts des AVC et la douleur des secrets. J’ai encore de l’espace libre dans ma mémoire vive, cependant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Tu me fais penser aux réfugiés de ma tante. Tu as voulu fuir la grisaille lorraine ou bien tu tentes de résister aux guerres de délocalisation que les multinationales se livrent là-bas. Nous, qui depuis plus de 20 ans désormais, avons perdu le textile et la chaussure, nous comprenons votre histoire. Les larmes de vos sidérurgistes, les grèves de vos mineurs nous renvoient aussi dans notre enclave de Faymoreau. Paysans - Travailleurs , il paraît que c’était beau.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Tu vois sans doute les chantiers sous d’autres angles, toi qui es devenu pontier avec ta licence de math.Les BTP tu constates que chez nous ça tourne mais les maisons coûtent plus cher que tu ne pensais. Tu griffonnes des formules que j’ai oubliées, pour me démontrer que c’est normal, les prix qui doublent en 10 ans ; normal dans quel système ? Ça, c’est quand nous avons fait l’amour et que nous commençons à parler de nos vies et des carences de notre avenir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ne choisit pas, dis-tu. Question de peau. Pour apprivoiser le vide, j’écris sur nos désirs en suspens.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://faramine.under-globe.net/public/faramine.under-globe.net/bordemer/faramine4.jpg&quot; alt=&quot;faramine4.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;DAEWOO de François BON&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La lettre à Arthur</title>
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    <pubDate>Mon, 16 Jul 2007 23:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Lutine Faramine</dc:creator>
        <category>atelier noir</category>
        <category>rimbaud</category>    
    <description>&lt;p&gt;Arthur, on ne peut être sérieux quand on a dix-sept ans et qu’on vit dans des temps contraires sur une planète où l’on se fait de l’argent en dénonçant les pollutions et les guerres. Imagine, la chanson de Lennon réduite par une banque à un slogan publicitaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Arthur, on ne peut être sérieux quand on a dix-sept ans et qu’on vit dans des temps contraires sur une planète où l’on se fait de l’argent en dénonçant les pollutions et les guerres. Imagine, la chanson de Lennon réduite par une banque à un slogan publicitaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment devenir l’homme des utopies quand des enseignants t’imposent de choisir dans l’urgence une filière d’orientation ou de rédiger en trois parties une lecture analytique dans laquelle tu vas brûler ton âme au petit feu de la technique ? Alors on inscrit en silence ce que soi-même on n’entend pas, on tente vainement de s’interroger sur l’avenir de la poésie, loin des médias et des combats.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Jusqu’à quand la poésie permettra-t-elle de chercher son âme quand des thérapeutes ou des gourous arrivent à faire payer très cher l’interprétation de tes rêves les plus fous ? Quel feu voler aux dieux de l’économie ? Celui des essais nucléaires, celui des explosions d’usines chimiques ou bien celui des puits de pétrole incendiés, dans le berceau de l’écriture ? Comment arriver à l’inconnu avec la pléthore d’images truquées par la mondialisation ? La poésie sera-t-elle plus puissante que tous ces écrans cathodiques ou informatiques ? Quels boutons cliquer pour dérégler le sens de ce monde qui nous emprisonne ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Quelle langue trouver, quel esperanto quand le langage des textos ou des e-mails réduit encore le sens sous prétexte qu’il réduit le temps et l’espace entre les êtres ? Comment s’évader encore quand le langage universel est dominé par celui du géant étoilé ? La poésie se gardera-t-elle de tout résumer aussi sommairement que les multinationales qui nous vendent des logiciels pour fabriquer de la littérature ? Comment peut-on se charger d’humanité quand les associations humanitaires elles-mêmes détournent les fonds que notre bonne conscience nous a enjoints de leur adresser ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Quels progrès pourrons-nous encore multiplier quand la technique aura fait de nous ses esclaves, quand la guerre des étoiles ne nous permettra plus de les saupoudrer dans nos rêves, quand mettre les voiles n’est plus qu’un globe challenge sponsorisable ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La poésie sera-t-elle un défi aux innovations technologiques ? Restera-t-elle une invention d’un monde magique, aux rivages duquel chacun pourra aborder avec son propre visage, son propre navire, son propre feu ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La poésie sera-t-elle autre, une symphonie nouvelle interprétée avec un plus subtil archet ? &lt;br /&gt;
Restera-t-elle cette œuvre de patience que les amoureux des mots sont si impatients d’accomplir ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ou bien les poètes devront-ils se taire brûlés comme sorcières qui se seraient adonnées à l’Alchimie du Verbe ? Faudra-t-il partir pour conserver en soi la poésie ? La verra-t-on dormir au bord d’une rivière, sans qu’un soldat vienne saccager sa lyre ? Pourra-t-elle encore promener ses dix-sept ans sous les tilleuls verts des bons soirs de juin et dormir dans ses haillons d’argent, sans avoir des chiffres rouges au côté gauche ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Où trouver le secours, Arthur ? Nulle voix ne répond ! &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Et pourtant dans nos mains nous la tenons. Nous continuons d’inventer des correspondances, de saluer la beauté et d’aimer les voyelles jusqu’à l’oméga de tes yeux clairs. Nous continuons de croire le bonheur possible avec elle, en espérant qu’aucune science ne trouvera de remède à cet insidieux virus inoculé dans nos cellules, implanté dans nos processeurs, qui nous pousse chaque jour à écrire la vie sans nous prendre au sérieux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Intertextualité avec Hugo, Supervielle, Char, Queneau, Bosquet et Rimbaud.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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