1,2,3 ? Journal
Par Lutine Faramine le mercredi, juillet 18 2007, 00:17 - manège - Lien permanent
Samedi 20 Je ne sais plus. J’ai mangé avec quelqu’un. Je suis allé au théâtre. Avec qui ? Le midi j’étais seule. Rencontré quatre amis de trente ans à la Maison de la Presse- Acheté les Inrockuptibles et des crayons. Drôle de rendez-vous de se croiser si vite quand on ne se ressemble plus.
Dimanche 21 L’enfant. Une jeune femme devenue. Trois heures sans discontinuer, le dialogue. Elle oublie de me rendre mon sac à dos. Bon on s’e-mailera ce qu’on aura oublié. L’enfant. Le sien. Il se serre contre moi. Nous nous protégeons l’un l’autre, à nous trois.
Lundi 22 Qu’aurais-je oublié ? Les lunettes. Des fois, je n’ai plus que l’étui. Qu’aurais-je perdu ? 60 €, disparus. Dans la voiture, vérifier l’heure et la température. Ça va. Tout est prêt. Pas besoin de m’inquiéter. Ça va aller.
Mardi 23 Rien Mais si, le soir. L’enfant si attendu. Conçu comme un miracle, après -et sans - les pratiques barbares de la fécondation hospitalière. Intégrer le bonheur et dire l’attente. Avec elle.
Mercredi 24 Sursaut dans le silence. Il me rappelle, j’ai raccroché trop vite. Lambeaux de projets. On n’écrirait pas dans le froid ? Moi, je dors dans le froid, j’ai encore oublié d’appeler le plombier.
Jeudi 25 Grimberg aux Artistes. Serrée contre eux deux, cherchant comment nos cœurs se sont mis ainsi en invalidité partielle. On en bénéficie. Il avance vers moi. Surprise. Lui, je l’ai sorti de là. A tous les trois, on connaît tout le monde ce soir dans ce café.
Vendredi 26 On sort du restau, la cantine, quoi. En aparté, il me dit qu’il les a remarquées, les chaussures de Béatrix. Je le savais en les enfilant. Il l’a l’esprit d’observation. Il l’applique bizarrement. Il ne veut pas non plus que ce soit un compliment. Notre lien est si étrange. On n’a rien fait pour. Enfin, je crois.
Samedi27 Retard. Étrange aussi. Ça me rassure de pouvoir arriver en retard à ce lieu de l’écriture.