Ogresse en grève
Par Lutine Faramine le dimanche, août 26 2007, 16:59 - manège - Lien permanent
Longtemps : il est resté accroupi derrière son genévrier l’enfant qui incrimina le voleur de visage. Il me prenait pour sa mère, je dus filer.
Maintenant, je me glisse entre les fougères, je me méfie depuis qu’elles ont imprimé sur ma paume leurs lanières de sang.
Je dois oublier tous ces mots
que l’enfant assemblait
sur des blocs multicolores ; je rage
d’y retrouver mon image déformée.
Souvent j’ai croisé ceux qui tentaient de rassembler le puzzle de mon histoire, je ne les ai pas regardés, de peur de me trahir. Ils errent encore dans la lande -gaspillage de cadre romanesque. Ils finiront bien par s’y égarer, à force d’égrener dans leurs courses des contes insipides –galvaudage de tradition du goût.
Je me console en évaluant la taille de l’enfant, trois pouces à peine, pas même digne des menus pour restos du cœur.
Je ne sais combien de temps je vais demeurer enterrée dans ce monastère désaffecté.
J’entame une grève de la faim
illimitée
contre l’abus de pouvoir
des services vétérinaires et
de la protection maternelle et infantile
dans notre société aseptisée. ;
rétablissons les emplois d’ogresse.

Béatrix de Machecoul
Commentaires
Béatrix de Machecoul 1214 !? http://web.genealogie.free.fr/Les_d...
Et il existait déjà des services de la petite enfance...
Quel merveilleux texte !
P.-S. Cynique ou pragmatique et/ou stoïque, votre commentaire à trouvé preneur. http://philosophie.under-globe.net/...
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